La lutte contre la corruption

La lutte contre la corruption

Force est de constater que la corruption reste généralisée au Cameroun. Elle touche tous les aspects de la vie politique, économique et sociale. Elle est omniprésente à tous les niveaux de la société :

Dans le domaine de l’éducation, la corruption généralisée du régime a détruit le système éducatif camerounais, en particulier son système universitaire public, qui était l’un des plus performants et des plus respectés en Afrique toutes régions confondues. Or, si l’on veut détruire un pays, il n’y a pas meilleur moyen de le faire que de détruire son système éducatif. Le recrutement et la promotion des enseignants des universités ont suivi la même pente. Il faut vraiment détester son pays pour laisser prospérer de telles pratiques, qui se déroulent au su des autorités et dans l’impunité

La prévention et une lutte impitoyable contre toutes les formes de corruption

La renaissance du Cameroun passera par l’étranglement de la corruption en commençant par le sommet de l’Etat. En 2006, a été adoptée la loi d’application de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens et avoirs. Le projet de décret d’application de cette loi, qui devait permettre la mise en place du Comité chargé de recevoir les déclarations a été dûment préparé et soumis pour signature au chef de l’Etat, qui ne l’a pas signé à ce jour. Ce projet de décret sera le premier texte que nous signerons afin de l’appliquer à nous-mêmes, car nous tenons à déclarer nos biens et avoirs dès l’accession aux plus hautes fonctions de l’Etat.

  • Nous apporterons des réponses appropriées à la corruption intra-administration, inter-administration et administration-administré. Cette stratégie comporte un volet répressif et un volet préventif.
  • Nous entendons ramener la corruption à son plus bas niveau en 10 ans par une combinaison de nombreuses mesures :
    • Rendre effectif le dispositif de mise en oeuvre de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens pour les dirigeants de l’administration et les responsables publics. Dans cet ordre d’idées, nous mettrons en place des modèles de traçabilité des biens de tous les responsables de l’Etat ;
    • Faire adopter par le Parlement une loi sur l’enrichissement illicite;
    • Mettre progressivement en place l’e-administration et les e-services tout en visant leur généralisation au terme de 5 ans, afin de limiter les contacts entre les agents de l’Etat et les usagers de l’administration ;
    • Renforcer la collaboration internationale pour la lutte contre la corruption ;
    • Revaloriser de manière substantielle les salaires du personnel de l’Etat sur la base des économies réalisées sur les dépenses publiques d’une part, et encourager des entreprises du secteur productif à relever les salaires de leur personnel sur la base de l’évolution de l’indice du coût de la vie, d’autre part.

La société civile et les médias, un maillon essentiel dans la lutte contre la corruption

Les acteurs de la société civile et les médias qui œuvrent pour plus de transparence dans la société constitueront un aillon essentiel de notre dispositif pour la lutte contre la corruption et bénéficieront à ce titre d’une protection juridique adéquate.

Prévenir la corruption

Nous prendrons diverses mesures pour prévenir la corruption telles que :

  • Simplifier et publier les procédures administratives ;
  • Informatiser le système de passation des marchés publics afin d’en accroître la transparence et de réduire au strict nécessaire les contacts avec les soumissionnaires.
  • Limiter les contacts entre l’administration et les administrés, grâce notamment à l’e-gouvernance ;
  • Supprimer progressivement les paiements en espèce dans les administrations ;
  • Sensibiliser la population sur les dégâts de la corruption dans le pays ;
  • Muter très régulièrement les fonctionnaires.

Sanctionner les actes de corruption

    • Nous poursuivrons systématiquement devant les tribunaux le corrompu et le corrupteur conformément à la loi ;
    • Nous placerons sous séquestre les biens soupçonnés d’être les produits de la corruption le temps de la procédure de sorte qu’en cas de condamnation judiciaire, l’Etat puisse recouvrer les biens mal acquis. La règle en la matière sera que ni le coupable ni les siens ne doivent jouir des fruits de la corruption.

Réformer les institutions en charge de la lutte contre la corruption

  • Nous remplacerons l’ensemble des institutions en charge de la lutte contre la corruption par deux institutions :
    • Une Agence Nationale Anti-corruption et pour la Bonne Gouvernance (ANABG). Placée sous l’autorité du Président de la République, elle informera périodiquement le Parlement, disposera d’une antenne dans chaque région (ou chaque entité fédérée) du pays et aura le droit de saisine des Tribunaux ;
    • Le TCS sera maintenu, sa capacité d’action et ses moyens seront accrus.

Sur le plan opérationnel, une Unité anti-corruption et pour la bonne gouvernance sera instituée au sein de chaque institution ou administration publique, en remplacement des actuelles cellules de lutte contre la corruption. Chaque Unité réalisera ses missions en étroite collaboration avec l’ANBG à qui elle transmettra un rapport mensuel d’activités.

MauriceKamto2018

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