LE VIVRE-ENSEMBLE

 

Bâtir le vivre-ensemble

L’espace politique est dominé par le clientélisme : la gouvernance ne se fait plus que par les memoranda et autres revendications ethno-régionales. Le moindre poste dans l’Administration est d’abord (et souvent uniquement) présenté comme un cadeau à telle région/tribu. Le discours officiel est ainsi théâtralisé autour de la distribution de prébendes entre régions et ethnies, qui a abouti à la désintégration/désunion nationale.

Les nombreuses langues locales constituent une richesse culturelle indéniable. Toutefois, la politique actuelle de juxtaposition de ces langues locales, toutes enseignées en même temps sans que l’on ne sache à quelles fins, ne contribue ni à la pérennisation de ces langues qui tendent à disparaître, ni au renforcement de l’identité nationale. Autrement dit, depuis l’avènement de ce que l’on a appelé le « Renouveau », l’affaiblissement de l’identité nationale, l’exacerbation du tribalisme, la promotion de l’ethnie au détriment de la promotion du mérite sont autant de maux, parmi tant d’autres, qui sapent l’unité de la Nation et ruinent les efforts antérieurs consentis par les Camerounais pour un mieux vivre-ensemble.

Les assises nationales de la citoyenneté et de la fraternité 

  • Nous lutterons contre le tribalisme par l’éducation à la citoyenneté, à la connaissance du pays dans la diversité de ses populations, le brassage de celles-ci, la richesse de nos différentes cultures et l’extraordinaire potentiel de fécondation dont sont porteuses les différentes communautés si elles sont mises en confiance les unes les autres ;
  • Nous organiserons les Assises nationales de la citoyenneté et de la fraternité. A cette occasion, la question de la réhabilitation de nos héros nationaux sera abordée et nos mémoires plurielles blessées célébrées. Dans cette perspective, il sera mis en place un Comité d’historiens et des personnalités chargées de procéder à une identification objective desdits héros sur la base des critères à définir, puis de procéder à la création et l’édification d’un monument (La Grande Coupole des Mémoires et du Souvenir) qui leur sera dédié.

Une langue nationale pour le Cameroun

En matière de politique linguistique, il est temps qu’en dehors des deux langues officielles qui nous permettent de communiquer avec le monde et entre nous et facilitent grandement notre insertion dans la mondialisation, le Cameroun se dote d’une langue nationale. Il s’agira d’une décision politique d’importance cruciale pour notre devenir en tant que Nation.

  • Nous créerons une langue nationale camerounaise, le Camerounais (le nom exact de cette langue sera déterminé par les camerounais), non pas à partir de rien, mais des langues locales existantes : nous entendons que les linguistes nous aident à identifier une base grammaticale, le lexique de cette langue nationale devant être constitué de mots (homologués par l’Académie nationale camerounaise) provenant des différentes langues locales, par le jeu des synonymes.
  • Nous créerons une Académie nationale camerounaise chargée entre autres de promouvoir notre langue nationale et d’y veiller.

Une identité pour tous et un fichier national informatisé de la population

  • Nous offrirons un numéro d’identité unique conservable à vie à tout individu né au Cameroun pour lui permettre de jouir de l’ensemble de ses droits et devoirs ;
  • Nous établirons pour cela un fichier de l’état civil complet et fiable et régulièrement mis à jour ;
  • Nous mettrons donc en place un système informatisé de collecte des données d’état civil dans l’ensemble du pays pour s’assurer que tout enfant né sur le territoire camerounais soit doté d’une identité. Ce système aura deux volets :
    • Nous organiserons l’identification des individus dès la naissance dans les centres de santé de base et dans les hôpitaux.
    • Nous définirons une procédure de déclaration de naissance basée sur le témoignage de la famille auprès du chef de village ou du chef de quartier pour les nombreux camerounais qui naissent encore en dehors de toute structure hospitalière, particulièrement dans l’arrière-pays ;
  • Nous appliquerons une telle procédure de déclaration simplifiée pendant une période transitoire de 5 ans pour les nombreux camerounais qui aujourd’hui n’ont pas d’identité (acte de naissance, carte d’identité, …) ;
  • Nous mettrons à disposition des commis chargés d’établir des déclarations de naissance ou d’identité un outil informatique très simple mais très sécurisé qui permettra d’enregistrer l’information directement dans le fichier national de la population.
  • Aucune information relative à l’ethnie et à la tribu ne figurera dans une base de données officielle ni sur une pièce officielle.

 

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MauriceKamto2018

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