Le logement social

Un logement pour tous

Le Cameroun accuse un déficit annuel en matière d’habitat évalué à 130 000 logements décents. On observe une extension continuelle de l’habitat spontané autour des grands centres urbains sur des terrains parfois inappropriés (terres érodables, zones marécageuses et/ou inondables, parcelles sur des flans collinaires sensibles à l’éboulement, etc…) ne disposant parfois pas des aménagements nécessaires et où se concentre une frange importante des ménages aux revenus très modestes ou modestes.

La croissance actuelle du Cameroun de l’ordre de 5% induit un fort besoin de construction de logements, estimé pour les seules villes à quelque 80 000 unités par an. Une telle croissance implique la production de logements et d’équipements publics.

Les efforts des pouvoirs publics, en raison de standards techniques trop élevés, se sont déployés exclusivement au profit de la classe moyenne supérieure et dans des conditions économiques qui interdisent aussi bien la réplicabilité des opérations que le simple entretien du patrimoine bâti.
Le logement, mais aussi la qualité du logement, doivent être considérés dans les années qui viennent comme l’un des fondements mêmes d’une politique de progrès. Nous allons pour cela :

  • Développer des programmes de construction des logements sociaux et d’amélioration de l’habitat.
  • Offrir à chaque camerounais l’accès à un logement décent et la possibilité d’être propriétaire de son logement s’il le
    souhaite.

Un accès à une propriété foncière sécurisée dans les villes

Nous devrions permettre l’accession du plus grand nombre de ménages à une propriété foncière sécurisée. Dans cette perspective, nous nous attellerons à :

  • Recentrer les tâches de l’Etat dans la régulation et la révision en profondeur de la politique de construction des
    logements ;
  • Impulser et renforcer l’action du secteur privé et l’inciter à intervenir dans la promotion, la réalisation de lotissements et des programmes de logements ;
  • Réduire la spéculation foncière en mettant en place une politique de concession d’aménagement foncier urbain à des opérateurs privés pour une production des terrains équipés dont la commercialisation s’effectuera sous le contrôle de l’Etat ;
  • Renforcer les missions de la MAETUR dans la constitution, la gestion des réserves foncières et le développement desvilles ;
  • Baisser et mieux recouvrer les impôts fonciers sur les terrains bâtis et non bâtis ;
  • Réduire de manière drastique les habitations spontanées.

Un logement social basé sur les matériaux locaux

Notre approche consistera à améliorer les techniques existantes en privilégiant les matériaux locaux. À titre d’exemple, nous avons : la brique de terre à l’Ouest, la planche dans le Littoral, la terre et le bois dans le centre et le Sud, la terre dans le Nord, la pierre dans les régions montagneuses du Sud-Ouest. Pour promouvoir l’utilisation des matériaux locaux dans la construction, nous allons :

  • Élaborer des techniques de construction adaptées à chaque région du pays en collaboration avec nos universités
    régionales.
  • Renforcer les capacités de la Mission de Promotion des Matériaux Locaux (MIPROMALO)
  • Proposer aux populations en collaboration avec les architectes des techniques permettant de produire à un coût modeste des logements confortables et respectueux de l’environnement.

Des logements sociaux d’abord dans les campagnes

Nous entendrons inverser la courbe de l’exode rural par la transformation ou l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie  en milieu rural, la dotation des populations vivant dans ces zones de ressources initiales pour le démarrage ou le développement d’activités génératrices de revenus. Pour ce faire, nous allons :

  • Intensifier la construction des logements sociaux destinés aux ménages à revenus modestes.
  • Réguler les loyers dans les logements sociaux pour mettre fin à la spéculation.

Réduire l’étalement de nos villes

Dans les grandes cités, le logement sera repensé pour éviter un trop grand étalement qui rend extrêmement difficile et couteux, la mise en place d’équipements de base tels que l’eau, l’électricité, et les transports en commun. Pour ce faire, nous allons :

  • Faire la promotion de logement de taille raisonnable sur des parcelles ayant en moyenne 150m2.
  • Encourager la construction d’habitations en hauteur permettant de bâtir sur une assise au sol d’environ 80m2, une maison ayant un living, une cuisine moderne, deux salles d’eaux et 3 à 4 chambres.
  • Engager nos architectes à proposer une utilisation efficace et harmonieuse de cet espace pour faire cohabiter de petites cultures maraichères et des habitations modernes et très fonctionnelles.

Renforcer les missions du crédit foncier pour le logement social

Des prêts à taux d’intérêt modéré seront accordés pour la construction populaire. Les modalités d’accès à ces prêts
seront simples et les garanties faciles à donner, l’Etat intervenant en dernière instance en cas de défaillance de ces garanties.
Dans cette perspective, les mesures suivantes seront adoptées :

  • Fusionner le Crédit Foncier avec le Feicom afin de créer une Banque de l’Habitat et de Dé-veloppement Communal
    (BHDC) dont la mission sera de financer la construction des lo-gements sociaux et les infrastructures économiques des communes (marchés, centres commerciaux, Zone industrielle etc.)
  • Les prêts de la BHDC seront accordés à 80% aux promoteurs immobiliers afin de construire en masse les logements sociaux à Douala et Yaoundé (100 logements /ha) dans le cadre d’un projet présidentiel soit 30000 logements par métropole et par an, avec des maté-riaux locaux, soit 300000 logements entre Douala et Yaoundé en 6 ans.
  • Réaliser un nouveau plan directeur des villes de Douala et Yaoundé par Société nationale d’étude et de contrôle des Travaux (SNECT) en privilégiant des routes droites et plus large, les échangeurs et round points pour réduire les embouteillages.

Encourager la promotion immobilière pour les logements destinés à la classe moyenne

  • Créer un produit d’habitat nouveau d’une valeur globale ne dépassant pas 5 000 000 FCFA, notamment dans les
    grandes villes et les villes moyennes.
  • Rendre solvable la classe moyenne à travers des mécanismes de financements bancaires adaptés.

Relancer une politique active de construction de logements

Nous voudrions accroître la production de logements urbains avec le concours du secteur privé pour satisfaire les besoins estimés à 80 000 logements par an, dont 30 000 pour chacune des villes de Douala et Yaoundé. Nous allons pour cela :

  • Entreprendre des programmes de construction avec le secteur privé pour résorber le stock cumulé de demandes de logements qui est estimé à 600 000 unités.
  • Pourvoir l’habitat rural de dotations importantes au titre du Fonds Social pour l’Habitat.
  • Utiliser autant que faire se peut sur le plan technique les matériaux locaux pour réduire le coût de construction des logements

Une nouvelle réglementation pour le logement

Nous réformerons l’ensemble du dispositif institutionnel et réglementaire concernant le logement, y compris les professions ,du secteur (géomètres, urbanistes, promoteurs immobiliers, etc.) à travers notamment :

  • La simplification des procédures ;
  • La mise en place des incitations pour les promoteurs et autres investisseurs privés ;
  • La mise sur pied des dispositifs d’accompagnement des populations ;
  • Le repositionnement de l’ensemble des acteurs publics du secteur du logement.
MauriceKamto2018

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