L’eau source de vie production et assainissement

Une eau potable pour tous

Au Cameroun, le secteur de l’eau potable accuse un retard certain par rapport à bon nombre de pays à revenus comparables, avec des progrès et des financements irréguliers sur les 15 dernières années. L’accès à l’eau potable reste un problème pour les populations au quotidien, surtout en milieu rural.

  • Nous offrirons un accès à l’eau potable pour tous dans les 10 ans en zones urbaines et, dans les 15 ans en zones rurales.
  • Dans les zones urbaines, nous mettrons systématiquement en place le réseau d’adduction d’eau potable lors de la construction d’un réseau d’égouts ;
  • Nous exigerons l’installation effective d’un réseau parcellaire d’adduction d’eau potable comme un préalable à l’octroi d’un permis de bâtir pour les nouveaux lotissements ;
  • Nous créerons des zones dans lesquelles des bornes fontaines semi-publiques seront installées dans les quartiers dits à habitat spontané où il est difficile d’installer des canalisations d’eau dans tous les ménages ;
  • Dans les zones rurales, nous veillerons à ce que chaque ménage se trouve à moins de 1km d’une borne fontaine semi-publique lorsque l’habitat n’est pas très dispersé.
  • Dans les zones à habitat fortement dispersé, les solutions individuelles seront envisagées en fonction de l’hydrométrie de la zone.

Établir un cadastre de l’accès à l’eau

  • Nous réaliserons un cadastre de la production et de l’accès à l’eau sur l’ensemble du territoire. Ce cadastre nous permettra non seulement d’identifier clairement nos besoins mais aussi et surtout d’orienter nos politiques en priorité vers les zones où la situation est la plus critique.
  • Nous mettrons régulièrement à jour ce cadastre informatisé et centralisé au Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MINEE). À cet effet, tous les acteurs de la chaine de la production et de l’accès à l’eau sur l’ensemble du territoire seront sollicités.

Production de l’eau dans les grandes villes

  • L’approvisionnement en eau des grandes villes telles que Yaoundé, Douala et les capitales régionales restera sous le contrôle de la Camwater dont les missions seront recentrées essentiellement sur la production et le transport de l’eau.
  • Les procédures de passation de marchés de la Camwater seront revues et améliorées pour permettre un meilleur taux d’exécution des financements obtenus.

Production de l’eau dans les villes secondaires et les zones rurales

Nous doterons chaque région d’une agence régionale en charge de la production de l’’eau potable. Cette agence assumera également les missions :

  • D’ajuster la politique régionale en matière de production, de transport et de gestion des eaux par rapport à la politique définie au niveau du MINEE ;
  • De concilier la gestion de l’eau avec le développement économique et le respect de l’environnement ;
  • D’assurer le transport de cette eau jusqu’aux points de distribution dans les villes à partir desquelles les communes prendront le relai.
  • L’agence régionale aura aussi la latitude d’ouvrir le secteur de la production à des sociétés privées comme la CdE.
  • Nous encouragerons dans les zones rurales un partenariat entre les communes et des partenaires privés pour la production, le transport et la gestion de l’eau potable vers les zones occupées.

Assainissement et drainage

  • Nous créerons au sein du MINEE deux directions spécialisées et entièrement responsables, l’une consacrée à la politique de traitement des eaux usées et l’autre responsable du drainage des eaux pluviales.
  • La construction du réseau d’assainissement et de drainage sera assurée par l’Etat et les régions. Les communes auront pour responsabilité d’assurer le suivi de la connexion de tous les ménages et entreprises à un réseau d’égouttage.
  • La réalisation et l’exploitation des stations d’épuration des eaux usées dans les grandes villes feront l’objet d’un partenariat public/privé.

Une stratégie d’assainissement suivant le niveau de structuration de l’espace, de l’occupation des sols et du relief

  • Pour la protection de notre environnement, l’amélioration de l’hygiène et la salubrité dans nos grandes cités, nous réaliserons un système d’égouts pour la collecte des eaux usées. Ce réseau d’égouttage sera entièrement construit avec des matériaux et produits locaux. Ce vaste chantier d’assainissement de l’espace de vie contribuera à :
  • Créer de nombreux emplois à la fois dans la production de matériaux et dans la réalisation de ces ouvrages ;
  • Éviter la pollution des nappes phréatiques qui alimentent les puits dans lesquels les populations privées de sources d’eau potable s’approvisionnent.
  • Nous adopterons une stratégie d’assainissement suivant le niveau de structuration de l’espace, de l’occupation des sols et du relief. À cet effet, nous distinguerons :

A- Les « zones structurées » qui se caractérisent par un important réseau de voirie et une faible densité d’habitat : c’est le cas des quartiers résidentiels et des lotissements ;
B-Les « zones sous-structurées » qui sont le résultat d’une occupation anarchique et désordonnée, se caractérisent par une faible densité du réseau de voirie et une accessibilité difficile des parcelles par des véhicules ;
C-Les « zones péri-urbaines » qui sont situées à la périphérie des villes, et se caractérisent par une occupation des sols transitoires, à la limite du rural et de l’urbain : les densités d’occupation des sols dans ces zones sont encore très faibles, tout comme la densité des voiries ;
D-Les « zones rurales » qui se caractérisent par un habitat dispersé et de vastes parcelles ;
E-Les « zones littorales » qui se caractérisent par un relief relativement plat, de faible altitude proche du niveau de la mer. Dans ces zones, la nappe phréatique affleure et complique davantage la situation de l’assainissement.

  • Pour les zones A et C, des réseaux d’égouttage ou systèmes de collecte et de traitement des eaux usées (domestiques, zones commerciales, industrielles) ainsi que la construction des usines de traitement de ces eaux usées seront mis en place.
  • Pour les zones B, D et E, des micro-stations d’épuration des eaux constituées par des latrines publiques (dans les écoles, les hôpitaux, les marchés et autres lieux publics), les latrines individuelles et les fosses septiques individuelles ainsi que l’organisation de la filière d’évacuation et de traitement des boues de vidange seront privilégiées lorsque la densité de la population, le niveau des eaux souterraines ou la composition des sols le permettent et rendent les solutions micro-stations viables ; autrement, c’est un système d’assainissement semi-collectif qui sera mis en place.

Construire un réseau d’égouttage dans les grandes métropoles

Nous réaliserons des études de faisabilité pour la mise en place d’un réseau d’égouttage séparé du réseau d’évacuation des eaux pluviales et de surface dans les entités territoriales de plus de 100 000 habitants.

Pour cela les actions suivantes seront initiées :

  1. Réaliser 10 études de faisabilité, en collaboration avec les institutions universitaires locales, pour la mise en place d’un réseau d’égouttage collectif dans 10 villes-tests choisies par l’Etat ;
  2. Réaliser 5 études de faisabilité pour la mise en place soit d’une station d’épuration classique soit d’une station d’épuration par lagunage en bout du réseau d’égouttage collectif en fonction du bassin de vie et des types d’habitat.
  3. Monter, sur base des recommandations issues des études de faisabilité, 2 projets structurants de réseau d’égouttage collectif (des drains de collecte reliés aux constructions jusqu’à la station d’épuration appropriée) relevant du chantier urbain.

Établir un cadastre des projets

Nous établirons un cadastre de tous les projets et programmes d’assainissement en cours sur l’ensemble du territoire national. Pour cela, nous mènerons les actions suivantes :

1 Identifier les systèmes collectifs de collecte et traitement existants en vigueur dans les lotissements (zones d’habitat planifié du type A) :

  1. Répertorier les types de drains utilisés (tuyaux en béton, tuyaux en plastique, tuyaux en grès) et la capacité des stations d’épuration
  2. Vérifier l’adaptabilité de ces drains par rapport aux capacités de charge prévues au dimensionnement du lotissement, et le cas échéant, remplacer lesdits drains par des tuyaux appropriés en matériaux locaux réalisés avec les matériaux qui respectent l’environnement ;
  3. Vérifier l’adaptabilité des stations d’épuration par rapport aux capacités de charge prévues au dimensionnement du lotissement, et le cas échéant, renforcer leurs capacités ;

2 Répertorier toutes les stations de traitement des boues d’épuration existantes en vue d’organiser leurs filières de collecte et d’exploitation.

MauriceKamto2018

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