EDUCATION

l’option prioritaire pour la formation scientifique et technique
et l’innovation

Un pays en développement ne peut se payer le luxe de la formation pour la formation ou de former ses citoyens actifs pour le seul plaisir de la connaissance. Toute formation au
Cameroun devra être orientée vers des résultats concrets en termes d’impact direct pour le développement du pays. Le coût de la formation technique est très élevé, on le sait. Mais il s’agit de faire un choix stratégique pour le développement et la modernisation du Cameroun.

Il y a environ vingt-cinq ans le Cameroun avait un des systèmes d’éducation, en particulier un système universitaire parmi les plus performants en Afrique et largement respecté
dans le monde. Aujourd’hui aucune université camerounaise ne figure parmi les 100 premières universités africaines. La multiplication des universités d’Etat, pourtant nécessaire, s’est faite pour des raisons et sur des bases politiques, dans l’impréparation totale et sans objectifs identifiables. La libéralisation de l’enseignement supérieur, au lieu de créer les conditions d’une offre de formation compétitive et de qualité, est apparue comme un acte de démission de l’Etat de sa mission essentielle dans ce secteur et a ouvert la voie à toute sorte de dérives dans l’indifférence manifeste des pouvoirs publics. La multiplication des établissements de formation en médecine, dans un pays où même les universités d’Etat n’offrent plus une formation aux standards de l’UNESCO, en est le révélateur à la fois inquiétant et le plus affligeant. La plupart des institutions privées offrant des formations d’ingénieur ne font pas mieux comme il est loisible de le vérifier auprès des industriels et autres employeurs opérant au Cameroun. C’est désormais un leurre de croire que le pays dispose de ressources de grande qualité. Nous devons nous rendre à l’évidence, cette époque-là est révolue. Aujourd’hui nos meilleurs se forment encore l’étranger.
Il est donc impérieux de repenser notre système éducatif à tous les niveaux, afin, d’une part, d’élever son niveau, d’accroître ses performances et de l’orienter vers une éducation entièrement orientée vers des objectifs de développement. L’objectif est d’atteindre un taux de scolarisation de 100% à un horizon de 10 ans au niveau de l’éducation de base. Car avec le MRC, plus aucun enfant ne pourra être dispensé de l’éducation scolaire.

Dans ce domaine en particulier, le rôle de la diaspora sera important dans la conception des filières, notamment pour ce qui est des niveaux secondaires et supérieurs, la transmission des savoirs et des savoirs- faire ainsi que dans le montage des centres et laboratoires de recherche.

Réformer le système éducatif

Le MRC entend reformer complètement notre système éducatif dans ce sens et ce dès le cycle de l’éducation de base. Les jeunes écoliers camerounais seront exposés très tôt au
raisonnement scientifique, à l’éveil de leur intérêt pour les objets matériels créés par l’esprit humain et l’innovation par l’amélioration ou la transformation de ce qui existe déjà. Dès le cycle secondaire ils devront participer à un projet technologique de leur niveau, même sous l’encadrement de leur enseignant, dont la pertinence et la qualité entreront pour beaucoup dans leur réussite annuelle.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le désordre, l’incohérence et la baisse dramatique de niveau qui y prévalent sont les révélateurs affligeants de l’absence d’une politique
nationale dans ce secteur si cruciale. Il n’y a pas de quoi surprendre : le Conseil de l’enseignement supérieur qui définit les orientations de l’enseignement supérieur dans notre pays ne s’est pas réuni depuis 1982, c’est-à-dire depuis 30 ans. Il est donc urgent de définir la politique de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique d’un Cameroun moderne, ambitieux pour son développement et décidé à se positionner comme un pôle majeur sur le marché des centres de transmission de la connaissance et du savoir. L’enseignement supérieur est non seulement un levier essentiel du développement et de la prospérité des nations, il est aussi devenu un produit économique rentable et exportable. Il n’ y a qu’à voir la ruée des jeunes des différents pays vers les pays où l’enseignement supérieur est le plus performant et l’exportation sous forme de franchises commerciales des noms des universités et grandes écoles parmi les plus prestigieuses au monde.

Pas plus dans tout autre domaine, la création des universités ne constituera un cadeau politique. Elle répondra a l’impérieuse nécessite d’élever le niveau d’éducation et de formation dans l’ensemble du pays. A cet effet, chaque capitale régionale du pays sera dotée d’une université ou au moins d’un établissement universitaire dans un premier temps.

Dans le cycle universitaire, les filières généralistes des sciences humaines et sociales, seront réduites au profit des filières techniques qui seront choisies et renouvelées en tant que de besoin en fonction des ambitions de développement du pays.

La nouvelle vague des technologies développantes consiste en des technologies vertes si fondamentales notamment pour la modernisation et l’expansion de l’agriculture et des industries nouvelles. Il s’agit notamment de la biotechnologie, de la nanotechnologie. S’y ajoute les filières télécommunications et plus largement celles de l’électronique combinées à l’informatique.

Réorienter la recherche

La recherche sera organisée autour de pôles d’excellences spécialisés équipés de laboratoires de niveau international. Sur le plan institutionnel elle sera coordonnée par une Agence nationale de la Recherche et de l’Innovation (ANRI). Il s’agit d’une recherche orientée vers des objectifs spécifiques de développement. En dehors de la recherche agricole dont il
faudra accroître la performance, il faudra développer la recherche au soutien des problèmes de santé publique spécifiques au Cameroun ou portant sur des maladies ayant une forte prévalence dans le pays et une recherche- innovation au soutien de l’industrie nationale.

MauriceKamto2018

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