POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL

Il concerne le règlement de la crise anglophone et de la forme de l’Etat ; la mise en place d’une politique du vivre-ensemble apaisé; la réforme de la Constitution afin d’y introduire la limitation du mandat présidentiel à un mandat renouvelable une seule fois, l’élection présidentielle à deux tours, l’âge électoral à 18 ans, le rééquilibrage des pouvoirs entre l’exécutif et le parlement, et au sein de l’exécutif, entre le président de la République et le Premier ministre, la réforme de la justice.

Réformes institutionnelles
Réformer les institutions pour une gestion souple, efficace et participative de la République

 

Le MRC et plusieurs autres acteurs de la scène politique camerounaise ainsi que de la société civile, ont proposé ces dernières années des réformes qui portent sur quelques dispositions seulement du Code électoral, sur lesquels les forces politiques nationales peuvent s’accorder aisément. Hélas, le Parlement a très souvent agi comme une barrière aux propositions de loi et une chambre d’enregistrement des projets de loi émanant essentiellement du Gouvernement. Cela conforte l’idée largement partagée par diverses sensibilités politiques et la société civile de la nécessité de procéder à une réforme constitutionnelle en vue de rééquilibrer les pouvoirs au sein de l’Etat, d’abord entre l’Exécutif, le Parlement et la Justice, ensuite, au sein de l’Exécutif entre la Présidence de la République et le Gouvernement, et enfin entre l’Etat et les Régions ou les Etats fédérés si tel est le choix des Camerounais.

Sur le plan judiciaire, la question des nominations de magistrats, et celle des juridictions traditionnelles (qui varient d’une chefferie traditionnelle à une autre, et parfois au mépris de la loi) sont autant de problèmes qui méritent d’être réglés au moment de mettre en oeuvre une nouvelle forme d’organisation de la société camerounaise que les uns et les autres appellent de leurs vœux. L’indépendance de la magistrature sera une des clés de voûte de cette réforme pour garantir le bon fonctionnement des institutions. C’est loin d’être le cas aujourd’hui avec des magistrats soumis à l’Exécutif, le Président de la République, chef du pouvoir Exécutif, étant également le président du Conseil supérieur de la magistrature, organe qui « fait et défait » les carrières des magistrats, dont le rapporteur est le ministre de la justice Garde des Sceaux, lui-même du pouvoir Exécutif.

Sur le plan de la sécurité, les forces de défense tout comme les polices judiciaire et scientifique doivent faire face à de nouvelles formes de menaces, ce qui exige une redéfinition de leurs missions et une affectation conséquente des moyens financiers, matériels et humains en vue de l’accomplissement de ces missions.

Avec la mise en oeuvre effective de la décentralisation et de la régionalisation, les Régions ainsi que les communes seront confrontées à de nouvelles compétences ou missions qui rendront nécessaire une révision des règles de péréquation fiscale en vue de l’affectation des ressources financières de l’Etat au profit de ces entités.

Modernisation des institutions

  • Nous réformerons la Constitution en introduisant notamment :
  • La limitation du nombre de mandats présidentiels à un mandat renouvelable une seule fois ;
  • L’élection présidentielle à deux tours ;
  • L’abaissement de la majorité électorale de 20 ans à 18 ans ;
  • Le rééquilibrage des pouvoirs entre l’Exécutif et le Parlement : permettre aux parlementaires de mettre sur pied des commissions d’enquête parlementaire sans requérir l’aval du Président de la République comme c’est le cas en pratique aujourd’hui; impliquer le Parlement dans la nomination des responsables des principales institutions juridictionnelles (Premier Président de la Cour suprême; Président du Conseil constitutionnel); placer le Fonds Souverain à créer sous le contrôle parlementaire; informer le Parlement de la gestion des ressources naturelles du pays.
  • Le rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’Exécutif, entre le Président de la République et le Premier Ministre : faire du Premier Ministre le véritable chef du Gouvernement avec autorité nécessaire qui s’acquitte de sa mission de coordination de l’action gouvernementale et de mise en oeuvre de la politique définie par le Chef de l’Etat; celui-ci fixe le cap à travers la définition de la politique de la nation, le Premier Ministre se charge de mettre en oeuvre la politique ainsi définie.
  • Le renforcement du pouvoir judiciaire, entre autres, par la diminution de l’influence de l’Exécutif sur le fonctionnement des institutions judiciaires : le Conseil supérieur de la magistrature ne sera plus présidé par le Chef de l’Etat, mais par le Premier président de la Cour suprême; sa composition sera modifiée pour y faire entrer des représentants de la société civile.
  • La création d’une langue nationale camerounaise ;

 

  • La définition d’une nouvelle politique foncière pour garantir à l’Etat la ressource foncière nécessaire pour la réalisation des projets collectifs.
  • L’organisation des Assises nationales de la citoyenneté et de la fraternité dont les principaux résultats seront inscrits dans la Constitution.
  • La lutte méthodique et déterminée contre le tribalisme et le népotisme ;

L’Etat de droit et la justice

Toute justice performante répondant aux attentes des justiciables et respectueuse du peuple au nom duquel elle est rendue repose sur un Etat de droit.

  • La restauration de l’Etat de droit et l’inscription de la liberté d’expression, la protection des journalistes et de leurs sources d’information ainsi que la liberté d’association dans une charte de la démocratie.
  • La garantie que la loi soit juste, largement diffusée et appliquée sans discrimination aucune à tous, Etat et citoyens quels qu’ils soient.
  • Le renforcement de la sécurité juridique et judiciaire. En particulier il sera institué des commissions d’évaluation des magistrats auprès des juridictions d’instance et des cours d’appel, composées de magistrats et de personnalités de la société civile.
  • La réforme de la Chambre des Comptes de la Cour suprême, afin notamment de lui conférer un pouvoir de sanction des ordonnateurs et des comptables.
  • La création d’une école de droit parfaitement bilingue (Cameroon Law School/Institut d’Etudes Judiciaires) pour la formation des auxiliaires de Justice (Avocats, Notaires, Huissiers de Justice). Elle sera gérée en concertation avec les ordres professionnels qui en seront des animateurs pédagogiques à part entière. Il pourra en être créée plus d’une dans différentes parties du pays.
  • La garantie à tout citoyen camerounais, tout investisseur national ou étranger que la même loi sera appliquée à tous.
  • La préférence et l’encouragement du dialogue comme outil de concertation entre les divers partenaires sociaux, notamment entre le patronat et les syndicats.

Un Code électoral consensuel

Nous proposerons au Parlement une réforme consensuelle du Code électoral pour y introduire notamment :

  • L’instauration du bulletin unique;
  • La prise en compte de la révision constitutionnelle instaurant les élections à deux tours,
  • La même force probante à tous les procès-verbaux du dépouillement des élections dans un bureau de vote remis aux représentants des candidats et à ELECAM : tous les procès-verbaux feront également foi;
  • La réforme d’ELECAM, en particulier sa composition, pour y inclure les représentants des partis politiques et les modalités de désignation de ses dirigeants;
  • La prise en compte de la révision constitutionnelle instaurant le vote à 18 ans;
  • L’instauration du vote obligatoire au Cameroun.

Une police repensée

  • Nous réformerons la police en commençant par sa doctrine programmatique, sa philosophie du maintien de l’ordre public qui se confond aujourd’hui avec le maintien de l’ordre politique héritée de l’administration coloniale. Il sera mis en place un maillage intelligent et modulable de la société et du territoire.
  • Nous renforcerons les compétences et les équipements de nos forces de sécurité en matière de police judiciaire, de police scientifique, d’enquêtes économiques.

Redéfinir le statut et le rôle des autorités traditionnelles

Nous redéfinirons le statut et le rôle des autorités traditionnelles. En effet, la notion d’auxiliaire de l’administration qui résume actuellement leur statut paraît réductrice et devrait être dépassée. Plus précisément, il sera créé une Assemblée des Chefs traditionnels parmi les institutions régionales ou fédérées, avec pouvoir consultatif sur les questions générales de développement de la Région (ou de l’Etat fédéré), et pouvoir délibérant sur les questions relevant des us et coutumes traditionnels ou en rapport avec eux. Cette Assemblée participera par ailleurs au suivi des projets de développement de la Région (ou de l’Etat fédéré).

Accroître les moyens des Communes et des Régions (ou entités fédérées)

Nous réformerons le régime financier dans le cadre de la décentralisation (ou du fédéralisme) afin d’allouer plus de moyens financiers aux Communes et aux Régions (ou entités fédérées).

Rationaliser les institutions publiques

  • La limitation du nombre de départements ministériels Cette limitation se fera par le regroupement ou par la suppression de certains départements ministériels. Dans tous les cas il n’y aura pas plus de 25 départements ministériels.
  • La suppression du Conseil économique et social, institution désuète produit de l’Etat centralisé, non adaptée au contexte de l’Etat nouveau qui sera organisé sur une base régionale ou fédérale.

La question anglophone

La question anglophone

              Une attention particulière doit être accordée à la situation de la communauté anglophone en tant que réalité spécifique non assimilable au problème des ethnies. Il s’agit d’une réalité à la fois historique et culturelle liée à notre héritage colonial et qui a pour pendant une autre réalité historique et culturelle, celle de la communauté francophone. Notre pays dans sa configuration géographe  comme dans son héritage culturel d’aujourd’hui est le produit de ce double héritage que nous gagnerons à préserver.

Nous avons souligné, dès la création du MRC, qu’il était urgent de se pencher sérieusement sur ce problème et d’examiner avec la communauté anglophone les voies et moyens les plus appropriés pour y apporter les réponses adéquates. Le gouvernement a, hélas, comme d’habitude, choisi d’ignorer cette suggestion et des revendications corporatistes fondées, comme on en voit partout dans les pays normaux, ont dégénéré en un affrontement armé, par la seule faute du Pouvoir qui n’a proposé en réponse que de faux-semblants, le déni de réalité et la violence aveugle.

Organiser un dialogue national ouvert et sincère pour régler en profondeur la crise anglophone

Nous mettrons en place un CADRE DE DIALOGUE ouvert et sincère dans lequel devront s’exprimer tous les griefs et revendications de nos compatriotes anglophones et les impératifs de la construction d’une Nation unie, sachant que la sécession n’est pas une option. Nos compatriotes anglophones devront y être représentés, notamment par leurs leaders légitimes, c’est-à-dire ceux en qui se reconnaissent les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Ce cadre de dialogue devra permettre de dégager au terme des débats, ensemble, des solutions approuvées par les uns et les autres et permettant de résoudre une fois pour toute le problème anglophone dans le cadre d’un Cameroun réconcilié et fort dans son unité.
Malgré les nombreuses vies de civils et de soldats inutilement sacrifiées et les souffrances atroces imposées aux paisibles populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par la militarisation à outrance et les mesures de terreur administratives, il est encore possible de sauver la paix. Pour cela, comme nous l’avons proposé au Gouvernement sans relâche :

Il est impératif et urgent d’organiser un dialogue national sincère pour régler en profondeur la question anglophone et sortir le pays de l’impasse ;
En même temps, nous nous pencherons sur les réformes politiques et institutionnelles, rendues incontournables par l’état général du pays et le risque de crise généralisée que font peser sur lui les échéances électorales à venir du fait d’un Code électoral favorisant les fraudes massives et le hold-up des résultats.

Envoi d’une délégation politique, porteuse d’un message de paix et de compassion

En prélude à l’organisation du dialogue national, ma première sortie politique sera dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, si les Camerounais nous font l’honneur de nous porter à la plus haute fonction du pays.
Nous irons y porter un message de paix et de compassion à nos compatriotes, frères et sœurs de la partie anglophone de notre pays, et leur faire comprendre que la Nation, dont ils font partie intégrante, a entendu leurs pleurs et qu’elle est venue essuyer leurs larmes.

Des mesures de désescalade

Pour montrer la bonne disposition de l’Etat à résoudre pacifiquement ce problème, nous annoncerons à cette occasion des mesures d’apaisement et de confiance, consistant notamment en la mise en liberté sans conditions des personnes arrêtées dans le cadre de cette crise anglophone, l’arrêt des poursuites, le retour des exilés et des réfugiés, la reconstruction des installations et édifices détruits lors de ce conflit fratricide.
En retour, nous exigerons un cessez-le feu indispensable à la tenue sereine du Dialogue National Inclusif et Sincère.
Dans le cadre de ce Dialogue, ensemble nous dégagerons, des solutions approuvées par les uns et les autres et permettant de résoudre une fois pour toute le problème anglophone dans le cadre d’un Cameroun réconcilié et fort dans son unité.

LE VIVRE-ENSEMBLE

Bâtir le vivre-ensemble

L’espace politique est dominé par le clientélisme : la gouvernance ne se fait plus que par les memoranda et autres revendications ethno-régionales. Le moindre poste dans l’Administration est d’abord (et souvent uniquement) présenté comme un cadeau à telle région/tribu. Le discours officiel est ainsi théâtralisé autour de la distribution de prébendes entre régions et ethnies, qui a abouti à la désintégration/désunion nationale.

Les nombreuses langues locales constituent une richesse culturelle indéniable. Toutefois, la politique actuelle de juxtaposition de ces langues locales, toutes enseignées en même temps sans que l’on ne sache à quelles fins, ne contribue ni à la pérennisation de ces langues qui tendent à disparaitre, ni au renforcement de l’identité nationale.

Autrement dit, depuis l’avènement de ce que l’on a appelé le « Renouveau », l’affaiblissement de l’identité nationale, l’exacerbation du tribalisme, la promotion de l’ethnie au détriment de la promotion du mérite sont autant de maux, parmi tant d’autres, qui sapent l’unité de la Nation et ruinent les efforts antérieurs consentis par les Camerounais pour un mieux vivre-ensemble.

Les assises nationales de la citoyenneté et de la fraternité

  • Nous lutterons contre le tribalisme par l’éducation à la citoyenneté, à la connaissance du pays dans la diversité de ses populations, le brassage de celles-ci, la richesse de nos différentes cultures et l’extraordinaire potentiel de fécondation dont sont porteuses les différentes communautés si elles sont mises en confiance les unes les autres ;
  • Nous organiserons les Assises nationales de la citoyenneté et de la fraternité. A cette occasion, la question de la réhabilitation de nos héros nationaux sera abordée et nos mémoires plurielles blessées célébrées. Dans cette perspective, il sera mis en place un Comité d’historiens et des personnalités chargées de procéder à une identification objective desdits héros sur la base des critères à définir, puis de procéder à la création et l’édification d’un monument (La Grande Coupole des Mémoires et du Souvenir) qui leur sera dédié.

Une langue nationale pour le Cameroun

En matière de politique linguistique, il est temps qu’en dehors des deux langues officielles qui nous permettent de communiquer avec le monde et entre nous et facilitent grandement notre insertion dans la mondialisation, le Cameroun se dote d’une langue nationale. Il s’agira d’une décision politique d’importance cruciale pour notre devenir en tant que Nation.

  • Nous créerons une langue nationale camerounaise, le Camerounais (le nom exact de cette langue sera déterminé par les camerounais), non pas à partir de rien, mais des langues locales existantes : nous entendons que les linguistes nous aident à identifier une base grammaticale, le lexique de cette langue nationale devant être constitué de mots (homologués par l’Académie nationale camerounaise) provenant des différentes langues locales, par le jeu des synonymes.
  • Nous créerons une Académie nationale camerounaise chargée entre autres de promouvoir notre langue nationale et d’y veiller.

Une identité pour tous et un fichier national informatisé de la population

  • Nous offrirons un numéro d’identité unique conservable à vie à tout individu né au Cameroun pour lui permettre de jouir de l’ensemble de ses droits et devoirs ;
  • Nous établirons pour cela un fichier de l’état civil complet et fiable et régulièrement mis à jour ;
  • Nous mettrons donc en place un système informatisé de collecte des données d’état civil dans l’ensemble du pays pour s’assurer que tout enfant né sur le territoire camerounais soit doté d’une identité. Ce système aura deux volets :
    • Nous organiserons l’identification des individus dès la naissance dans les centres de santé de base et dans les hôpitaux.

    • Nous définirons une procédure de déclaration de naissance basée sur le témoignage de la famille auprès du chef de village ou du chef de quartier pour les nombreux camerounais qui naissent encore en dehors de toute structure hospitalière, particulièrement dans l’arrière-pays ;

  • Nous appliquerons une telle procédure de déclaration simplifiée pendant une période transitoire de 5 ans pour les nombreux camerounais qui aujourd’hui n’ont pas d’identité (acte de naissance, carte d’identité, …) ;
  • Nous mettrons à disposition des commis chargés d’établir des déclarations de naissance ou d’identité un outil informatique très simple mais très sécurisé qui permettra d’enregistrer l’information directement dans le fichier national de la population.
  • Aucune information relative à l’ethnie et à la tribu ne figurera dans une base de données officielle ni sur une pièce officielle.

La Bonne Gouvernance

La bonne gouvernance pour réconcilier gouvernés et gouvernants Que ce soit en matière de bonne gouvernance électorale, de bonne gouvernance économique et sociale ou même de bonne gestion des ressources humaines, le fossé se creuse davantage, chaque jour, entre les préoccupations et les actes posés par les « gouvernants » et les attentes légitimes de la grande majorité de la population pour une amélioration substantielle de leurs conditions de vie.

En effet, la cassure entre les populations du Cameroun et ceux qui les gouvernent est manifeste et évidente. Elle se traduit par un défaitisme des Camerounais vis-à-vis de la politique, dû à l’opacité dans l’action gouvernementale, au sentiment d’exclusion dans la gestion des affaires de la cité si ce n’est à leur détriment, à l’absence d’efficacité dans la gestion des biens publics, aux fraudes électorales massives qui ont fini par convaincre les Camerounais que voter ou ne pas voter ne servait à rien.

Carug © 2019. tous droits réservés.

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