L’ECONOMIE

promouvoir un développement durable

Il est établi depuis plusieurs décennies maintenant qu’il existe un lien étroit entre la protection de l’environnement et le développement. Les contraintes du développement dans un contexte où la pauvreté impose une exploitation accélérée des ressources naturelles créent un risque que la satisfaction des besoins se fasse dans une vision de court terme et compromette par conséquent aussi bien sa durabilité que l’avenir des générations futures. Le risque est d’autant plus grand que nos besoins s’accroissent rapidement, à la mesure d’une démographie galopante.

Il n’est cependant pas question de compromettre la survie des populations par des actions de protection de l’environnement qui entravent le développement économique du Cameroun et vice versa. La politique du MRC dans ce domaine sera guidée par la recherche des compromis entre les deux impératifs apparemment contradictoires ou irréconciliables : le développement économique dans un environnement sain. Les possibilités d’un tel compromis existent heureusement. Il s’agit en somme de promouvoir un développement durable.

Tenir compte de la spécificité du Cameroun de par sa diversité agro-écologique

La position géographique du Cameroun, point de jonction des régions géographiques occidentale, septentrionale et centrale, lui confère une telle diversité qu’il représente à lui tout seul toutes les spécificités de la diversité écologique africaine (il n’y a que le désert qui est quasi absent dans son paysage écologique, même si les risques sont très grands de le redouter). Il en résulte une phytogéographie qui met en exergue l’étroite relation entre la végétation et le climat.

La diversité agro écologique du Cameroun peut être perçue comme un atout, de par le potentiel de diversification des spéculations agricoles. Elle impose cependant une approche adéquate dans sa gestion, afin d’atténuer les contraintes liées à la diversité des problèmes environnementaux à résoudre, de tenir compte des exigences climatiques assez étroites de certaines cultures.

L’implication de cette situation est la diversité du mode de gestion des différentes zones, la diversité des problèmes environnementaux dont la conséquence est la complexité des solutions qui doivent être adaptées à chaque contexte.

La connaissance des zones agro écologiques est pour ainsi dire un préalable indispensable à toute action de développement, y compris le développement de stratégies d’adaptation aux changements climatiques. Ceci permet de prendre en compte, la spécificité de chacune de ces zones dont la diversité bioclimatique n’est pas sans effet sur le mode d’exploitation des ressources naturelles, les pratiques agricoles et de développement en général. C’est dans ce contexte que s’inscrit la stratégie qu’entend mettre en oeuvre le MRC.

Prendre en compte dans les politiques de développement les thématiques environnementales pertinentes

Les thématiques pertinentes peuvent être identifiées comme étant : la gestion des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables, l’environnement et la pauvreté, l’environnement et le régime foncier, les déchets et pollution, la biodiversité et les ressources forestières, l’eau, les changements climatiques et la désertification, la dégradation des zones humides, le développement des centres urbains, la santé et l’environnement, la dégradation des écosystèmes de montagne.

Un accent particulier sera mis :
– sur les politiques de conservation et de protection des espèces afin de tirer profit des avantages que le Cameroun a dans ce domaine par rapport à d’autres pays jouissant d’une grande diversité biologique, avec, dans le cas de notre pays de nombreux espèces endémiques tant dans les domaines faunique et floristique que dans le domaine ornithologique. Le MRC renforcera les parcs nationaux existants et en créera de nouveaux ;

– sur la promotion des écolabels et de l’écotourisme : la promotion des écolabels portera en particulier sur certains produits du terroir à fort potentiel d’exportation, qu’il s’agisse de certains produits agricoles ou des épices et autres produits forestiers non ligneux ; quant à l’écotourisme, le Cameroun dispose dans ce domaine de nombreux avantages comparatifs de par la diversité de ses écosystèmes, des ses populations, de ses cultures. On note à cet égard par exemple que le tourisme des gorilles de montagnes ne rapporte pas à notre pays autant qu’à certains Etats d’Afrique centrale disposant de la même espèce ; que le tourisme ornithologique est inexistant alors qu’il a un fort potentiel.
Dans cet ordre d’idées, en combinant politique d’aménagement du territoire et politique d’écotourisme, il sera fait de la péninsule de Bakassi qui a une écologie fragile, une zone de développement écologique spéciale.

Les stratégies d’action

Fort de ce qui précède, le MRC, dans sa quête obstinée d’assurer le bien-être des populations du Cameroun, s’engage à mettre en cohérence une économie viable sous-tendue par l’entretien de l’équilibre des écosystèmes (socle du développement), de recourir plus efficacement aux instruments capables d’influencer favorablement le mode actuel d’exploitation des ressources naturelles du Pays.

Il en découle l’impérieuse nécessité de :

  • Prendre en compte les aspects environnementaux dans la mise en place des stratégies sectorielles ;
  • Développer des capacités techniques et institutionnelles susceptibles de conduire à bon port la politique environnementale à mettre en place ;
  • Intensifier la lutte contre la paupérisation ambiante en milieu rural ;
  • Mobiliser toutes les parties prenantes en faisant bon usage de l’éducation environnementale ;
  • Mettre en place un dispositif rationnel d’exploitation des services éco systémiques dont dispose le Cameroun, avec une référence particulière à l’écotourisme ;
  • Renforcer la coopération régionale et internationale dans la gestion des enjeux globaux (désertification, changements climatiques, dégradation de la biodiversité…).

Modernisation de la gouvernance économique

Le développement de l’intervention de l’Etat dans le secteur productif de l’économie dès les années 1960 correspondait à une volonté de suppléer la carence en entrepreneurs nationaux au lendemain de l’indépendance. Cet interventionnisme étatique était essentiellement provisoire, les actifs du portefeuille de l’Etat devant être progressivement cédés aux opérateurs économiques privés à mesure de l’émergence d’une classe d’entrepreneurs nationaux expérimentés. Telle fut en particulier la politique qui sous-tendait la création de la Société nationale des investissements (SNI) et d’autres grandes entreprises publiques, telles que la SONEL, la SNEC, la SIC, la MAETUR, la MAGZI, la CIMENCAM, la CDC, la SOCAPALM, HEVECAM, la CAMAIR, etc.

La gestion de ces entreprises n’a pas été des plus heureuses. L’Etat a engagé il y a deux décennies la privatisation de certaines de ces entreprises, dans des conditions généralement obscures, et pas toujours celles qui auraient dû l’être. Il en a crée de nouvelles, ou procédé à des prises de participation dans des filiales d’entreprises transnationales devant opérer dans le pays, dans des conditions pas plus transparentes.

La définition d’une nouvelle gouvernance économique s’avère donc nécessaire. Elle appelle notamment une réorganisation de la SNI afin de redéfinir ses missions au regard du contexte de la mondialisation et du rôle de l’Etat stratège ; à repenser le rôle et l’opportunité du maintien des deux structures d’aménagement que sont la MAETUR et la MAGZI ; une révision de la politique de participation de l’État ; un redimensionnement du porte-feuille des entreprises publiques et para-publiques ; une reconfiguration des missions de certaines entités publiques telle que la SIC ; repenser le rôle des agences de régulation telles ART, ARSEL ; réviser la loi sur les Établissements Publics en reconsidérant notamment le mode de désignation des DG et des PCA des entreprises à capitaux publics ; l’élaboration d’une stratégie réaliste pour la « formalisation » progressive du secteur informel.

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MauriceKamto2018

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